Capere Radices

mine de plomb,
43 × 61 cm,
2015

Lorsque que le parasite s’empare d’un élément jusqu’à faire corps avec ce dernier, alors leur interdépendance est difficile à annuler. Le figuier étrangleur opère à la perfection ce processus, et il devient intéressant lorsque que celui-ci s’applique à une construction. Au-delà de son étrangeté, l’envahissement végétal infuse littéralement les espaces construits pour s’y fondre, créant ainsi l’empreinte du bâti ; les racines invasives perdent une unité pour en incarner une autre, elles deviennent mémoire et charpente. Mémoire involontaire par l’empreinte structurelle infligée aux racines qui cherchent accroches et interstices, s’y immiscent et produisent alors un moule de leur support. Charpente par la lente domination vers laquelle se dirige le figuier : arrive un stade où les moellons ne tiennent plus que par l’enserrement tenace du bois vivant.

Des décombres se dégage une relation de dépendance, structure avec nature. Le figuier existe alors en tant que charpente vivante et vivace. Ici, l’absence des vestiges de pierres veut révéler la dimension structurelle qu’ont acquis les enchevêtrements de racines, nous intimant alors qu’une force manque, qu’une masse devrait être présente pour justifier ces ossatures aériennes. Loin d’être légères ou éthérées, ces armatures naturelles nous imposent une puissante emprise alliant dans le même temps fondations et élévation, destruction et conservation, permanence et mutation.